2126 : J’ai demandé aux IA de prédire notre futur

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Sur ce blog, je vous partage régulièrement mes découvertes sur les technologies et divers sujets qui me passionnent. Aujourd’hui, j’ai eu envie de vous proposer un format un peu différent : une pure expérience de pensée.

Pour cet exercice, je me suis inspiré (entre autres) d’un concept fascinant de science-fiction : la « psychohistoire ». Imaginée par l’écrivain Isaac Asimov dans son célèbre cycle Fondation, il s’agit d’une science mathématique et statistique complexe, capable de prédire les comportements des grandes masses humaines et l’avenir des civilisations sur des millénaires.

Aujourd’hui, nous n’avons pas de véritable psychohistoire. Mais nous avons des Intelligences Artificielles de plus en plus puissantes.

Je me suis donc posé une question un peu folle : Les IA actuelles peuvent-elles jouer les psychohistoriens ? Que se passe-t-il si on leur demande de compiler toutes les données scientifiques, climatiques, démographiques et économiques actuelles pour nous pondre le scénario le plus statistiquement probable dans 100 ans, en 2126 ?

J’ai soumis un « prompt » ultra-rigoureux (que je mets en annexe de cet article) à un panel de cerveaux de silicium (des versions avancées de ChatGPT, Claude, DeepSeek, Gemini, Grok, Mistral, Copilot, Qwen et Kimi).
La consigne : pas de science-fiction dystopique à la Mad Max, pas d’utopie béate à la Star Trek. Juste la froide réalité des statistiques, la force des inerties physiques et les projections médianes mondiales.

Voici le portrait de notre humanité dans un siècle. Spoiler alert : on ne volera pas tous en DeLorean, et il va faire un peu chaud.

Disclaimer : Tout ce qui suit est une synthèse des rapports générés par les modèles actuels avec la fonctionnalité “Deep search” ou “recherche approfondie” et non un vision exacte de l’avenir.

Aperçu du résultat de l’expérience

ModèleType de compteNombre de motsEvaluation Géo-PolitiqueDémographiquetechnologieéconomieEnvironnementSanté
Gemini 3.1 ProPayant (Pro)3561NégativeNégativePositivePositiveNégativeNégative
Claude Opus 4.7Payant (Pro)6696NégativeNégativePositiveNégativeNégativePositive
Le Chat Mistral Large 2026Gratuit1916NégativeNégativeNégativeNégativeNégativeNégative
Deepseek 3.2 ExpertGratuit6947NégativeNégativePositivePositiveNégativePositive
Grok 4.20 ExpertGratuit1723NégativeNégativePositivePositiveNégativePositive
ChatGPT 5.3Gratuit6364NégativeNégativePositiveNégativeNégativePositive
Microsoft CopilotGratuit591NégativeNégativePositiveNégativeNégativePositive
Qwen 3.6 Plus NormalGratuit5899NégativeNégativePositiveNégativeNégativeNégative
Kimi 2.5 ThinkingGratuit2378NégativeNégativePositiveNégativeNégativePositive

==> Lien vers tout le dossier de recherche : https://bit.ly/4cl8X2j

Vous pouvez également écouter une synthèse vocale de cette synthèse :

🤝 Là où toutes les IA sont d’accord (Le Consensus)

Si les modèles d’IA ont parfois des « hallucinations », quand il s’agit d’analyser les inerties physiques et démographiques, elles sont toutes alignées au millimètre.

1. Le Climat : Chaud, humide sur les bords, sec au milieu

Toutes les IA s’accordent sur les lois de la physique. En 2126, le réchauffement global sera stabilisé (si on a fait le job) entre +2,5°C et +3,2°C. Le niveau des océans aura pris environ 1 mètre. Les villes côtières auront dû s’adapter avec des digues titanesques ou se relocaliser. Les récifs coralliens seront un souvenir qu’on étudiera dans des livres d’histoire (numériques, bien sûr), et des centaines de millions de « migrants climatiques » auront redessiné la carte démographique mondiale.

2. Démographie : Papy fait de la résistance (et vit à Lagos)

Oubliez le mythe de la surpopulation infinie. Le pic humain sera atteint vers 2080 (autour de 10,3 milliards) avant d’entamer un lent déclin. En 2126, nous serons environ 10 milliards. La vraie révolution ? Le monde sera vieux. L’âge médian frisera les 42-45 ans (contre 31 aujourd’hui). L’Europe et l’Asie de l’Est seront des « super-EHPADs » technologiques. Le seul véritable moteur démographique et de jeunesse sera l’Afrique subsaharienne. Près d’un humain sur trois sera africain.

3. L’Économie et le Travail : La fin du turbin

L’automatisation et l’IA auront phagocyté la quasi-totalité des tâches routinières (physiques et cognitives). La semaine de 35h fera doucement rigoler nos arrière-petits-enfants. Le capitalisme tel qu’on le connaît aura muté. Pour éviter l’effondrement social face à la fin du salariat de masse, toutes les IA prédisent l’instauration d’un « Revenu de Base Universel » ou, plus pragmatiquement, de Services de Base Universels (UBS) : des quotas d’énergie, de logement imprimé en 3D et de nourriture cellulaire garantis pour tous.

⚖️ Les nuances : Les IA ont leurs sensibilités

C’est là que l’exercice devient fascinant. Selon leurs données d’entraînement (et peut-être leurs « philosophies » sous-jacentes), les IA n’ont pas mis l’accent sur les mêmes éléments.

  • Claude et Grok insistent fortement sur la multipolarité culturelle. Pour eux, 2126 signe la fin de l’hégémonie occidentale. Le monde sera un « pluriversum » où les normes chinoises, indiennes et africaines domineront la gouvernance mondiale. Le dollar ne sera plus qu’une monnaie numérique parmi d’autres (aux côtés du e-CNY ou du Naira panafricain).
  • Gemini et Qwen sont fascinés (et inquiets) par la biologie synthétique et la fracture transhumaniste. Pour eux, le grand danger n’est pas une IA de type Terminator, mais le bio-terrorisme et les pandémies de synthèse. Ils prévoient une humanité divisée biologiquement : les « Améliorés » (riches, génétiquement édités, vivant 110 ans en pleine forme) et les « Standards » (subissant les maladies chroniques et les perturbateurs endocriniens).
  • DeepSeek et Kimi voient un monde ultra-fragmenté politiquement. L’ONU sera perçue comme une relique obsolète. Le pouvoir appartiendra à des Méta-Corporations et des Cités-États (comme Singapour ou Neo-Jakarta) qui géreront la vie des citoyens via des algorithmes et des contrats intelligents (smart contracts).

📸 2126 : Un résumé de notre futur quotidien

Si on devait faire une « photographie » médiane de cette société dans 100 ans, voici à quoi elle ressemblerait :

  • 🏙️ Hyper-urbanisation : 85% de l’humanité vivra dans des mégalopoles hyper-denses, véritables écosystèmes intelligents et partiellement climatisés.
  • 🥩 Agriculture de labo : L’agriculture en plein champ aura drastiquement reculé. On se nourrira via des immenses fermes verticales hydroponiques et de la viande/protéine cellulaire issue de bioréacteurs. Les vaches dans les prés seront une attraction touristique de luxe.
  • 🧠 L’Homo Fragmentatus : Nos cerveaux seront modifiés par l’hyper-connexion. L’attention profonde sera un luxe. L’humanité utilisera des interfaces neuronales (pour des soins ou de la communication) mais la santé mentale et « l’éco-anxiété » prolongée seront les plus grands défis de santé publique.
  • ☮️ Guerres et Paix : Pas de 3ème Guerre Mondiale apocalyptique (la dissuasion nucléaire et l’IA fonctionnent), mais des cyber-conflits permanents, des guerres de l’eau et des guerres d’infrastructures.

🎬 Conclusion : La psychohistoire n’est pas une fatalité

En lisant ces rapports générés par nos IA, on pourrait ressentir un petit vertige. Un mélange d’admiration technologique et d’angoisse écologique. Mais il y a une chose fondamentale sur laquelle absolument toutes les IA ont conclu leurs rapports : ce futur n’est pas écrit.

C’est un exercice de pensée statistique. C’est la destination vers laquelle notre voiture se dirige si nous bloquons le volant aujourd’hui.

Les IA sont formelles : les deux prochaines décennies sont critiques. Les actions que nous menons aujourd’hui (décarbonation massive, régulation stricte des IA et de la biologie synthétique, réduction des inégalités) peuvent totalement infléchir cette courbe. Nous n’avons pas besoin de subir ce scénario médian.

Comme l’aurait suggéré un bon récit d’anticipation : les masses ont une inertie, mais les crises offrent des opportunités de bifurquer. À notre échelle, que ce soit dans nos choix de consommation, nos votes, ou la façon dont nous concevons nos technologies, nous sommes aux commandes.

Le futur nous appartient. Il est temps de retrousser nos manches (et de planter quelques arbres résistants à la chaleur, au cas où).

Et vous, comment imaginez-vous 2126 ? Pensez-vous que les IA ont vu juste ou qu’elles ont sous-estimé notre capacité à changer de cap ? Discutons-en dans les commentaires !

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